Le 5 février, l’association Ferinter, membre du réseau européen #enTrain, co-organisait avec l’association Rails & Histoire, et avec le soutien de LARSH (Université polytechnique des Hauts-de-France), la première séance d’une série de séminaires hybrides (en ligne et en présentiel) consacrés au fret ferroviaire. Il était animé par Patrice Salini, spécialiste reconnu du sujet, ancien membre du Conseil national des transports (Commission marchandises et Commission sociale), ancien professeur associé à temps partiel (université Paris 4-Sorbonne) et ancien directeur de l’Observatoire économique et statistique des transports. Il fut également directeur de cabinet du secrétaire d’État aux Transports Charles Josselin (1985-1986) et a par ailleurs écrit deux livres dont un critique des grands projets d’infrastructure.

L’exposé a porté sur le devenir du secteur, de moyen de transport majoritaire jusqu’aux années 1970, à la situation actuelle où il est devenu très minoritaire. Les facteurs sont multiples et ne peuvent se résumer à une explication unique. Certes, le déclin des activités extractives, puis de l’industrie manufacturière, la dématérialisation des flux économiques, défavorisent le train, mais la comparaison des évolutions révèle que le fret ferroviaire a beaucoup plus baissé que l’industrie, en particulier dans la décennie 2000. Seules l’Irlande et le Luxembourg ont connu une régression en volume du fret ferroviaire comparable à la France depuis les années 1970, quand certains pays (Autriche et Allemagne, par exemple) ont connu une augmentation importante du transport ferroviaire de marchandises sur la période.
L’orateur évoque notamment ce qu’il appelle la « déportation » des flux de marchandises internationaux, à savoir le passage par des ports étrangers pour les flux naguère coloniaux, comme Gênes se substituant à Marseille par exemple, et plus récemment la concurrence d’Anvers et Rotterdam. Enfin, le fret ferroviaire français n’a pas suffisamment tiré parti de la conteneurisation des flux de marchandises internationaux, en complémentarité avec le transport maritime ; les flux portuaires convoyés par train restent très minoritaires, alors que les ports constituent des vecteurs de massification des marchandises.
Le webinaire sera prochainement disponible sur la chaîne Youtube de Rails & histoire (https://www.youtube.com/@Railsethistoire)
Voici enfin les liens vers l’association Ferinter : https://ferinterorg.wordpress.com/
… et vers l’association Rail et Histoire : https://www.ahicf.com/
