Parfois, les enjeux ferroviaires européens tiennent à très peu de choses.
Dans le cas de la liaison entre Mons et Valenciennes, il manque environ 500 mètres de voie pour reconnecter les réseaux belge et français. Une situation presque surréaliste, qui illustre à elle seule les limites du développement du rail en Europe lorsqu’il se heurte aux frontières.
Un dossier emblématique des blocages transfrontaliers
La liaison Mons – Valenciennes n’est pas un projet nouveau. Elle s’inscrit dans une longue histoire ferroviaire et dans un bassin de vie où les échanges entre la Belgique et la France sont quotidiens.
Pourtant, malgré des besoins évidents en matière de mobilité et de logistique, cette connexion reste incomplète. En cause : une accumulation de freins administratifs, techniques et politiques, qui ont empêché, pendant des années, la réalisation de ces quelques centaines de mètres manquants.
Ce dossier est devenu, au fil du temps, un symbole des difficultés du ferroviaire transfrontalier en Europe :
👉 des réseaux qui s’arrêtent aux frontières
👉 des décisions fragmentées entre États
👉 des projets ralentis par des cadres réglementaires différents
Côté belge

Côté français :

Un enjeu stratégique pour le fret et les territoires
Aujourd’hui, ce projet revient au cœur des discussions, notamment avec une perspective claire : la relance du fret ferroviaire.
Réactiver cette liaison permettrait de :
- renforcer les flux logistiques entre la Belgique et le nord de la France,
- offrir une alternative crédible au transport routier,
- réduire les émissions liées au transport de marchandises,
- soutenir le développement économique des territoires frontaliers.
Derrière ces 500 mètres, ce sont donc des enjeux bien plus larges qui se dessinent. Il ne s’agit pas simplement de compléter une infrastructure, mais de reconnecter des territoires et de leur redonner des perspectives.
Les signaux d’une relance
Les prises de position récentes montrent une volonté renouvelée de faire avancer ce dossier. Les autorités publiques réaffirment leur engagement à rouvrir cette liaison, considérée comme stratégique à l’échelle régionale et transfrontalière. C’est ce que nous pouvons lire, sur la prise de position du Ministre belge de la Mobilité, Jean-Luc Crucke.
Après des années d’immobilisme, une dynamique semble enfin émerger. Elle devra néanmoins se traduire rapidement par des décisions concrètes et des investissements effectifs pour éviter que ce projet ne reste, une fois de plus, au stade des intentions.
Combler les chaînons manquants du réseau européen
La situation de Mons – Valenciennes n’est pas un cas isolé. Partout en Europe, de nombreux “chaînons manquants” continuent de limiter l’efficacité du réseau ferroviaire.
Ces discontinuités freinent :
- la mobilité des citoyens,
- le report modal vers le rail,
- la compétitivité du fret ferroviaire,
- et, plus largement, la construction d’un véritable espace ferroviaire européen.
Les combler constitue un levier concret, souvent plus rapide et moins coûteux que la création de nouvelles infrastructures.
Le train pour relier les territoires
Au sein de Réseau en Train Europe, nous portons une conviction claire : le train pour relier les territoires
Relier les territoires, cela signifie aller au-delà des frontières administratives pour répondre aux réalités vécues par les citoyens et les acteurs économiques.
Cela signifie aussi investir là où cela a du sens, y compris sur des projets modestes en apparence, mais à fort impact.
La liaison Mons – Valenciennes pourrait devenir un symbole inverse de ce qu’elle représente aujourd’hui :
non plus celui des blocages, mais celui d’une Europe ferroviaire capable d’avancer concrètement.
Une opportunité à saisir
Finaliser ces 500 mètres de voie, c’est envoyer un signal fort.
Un signal en faveur :
- d’une Europe plus connectée,
- d’une mobilité plus durable,
- et de territoires mieux intégrés.
Au moment où les enjeux climatiques, économiques et territoriaux convergent, il est essentiel de transformer ce type de projet en réalité.
Parce que parfois, faire avancer l’Europe du rail commence simplement par… terminer ce qui manque.

